Pauline Pichon

J’avance dans la vie attentive à ce qui me traverse, à ce qui en moi fait osciller mon pendule.
Je cherche l’équilibre.

Dans le travail de différentes terres, d’abord; des mélange de grès enrichis en sables à la porcelaine lisse.

Entre la forme et la masse, les surfaces douces ou rugueuses, les émaux paisibles ou chamboulés, je m’attèle à saisir les accords subtils qui donneront aux pièces leur vibration, leur « couleur ». La rareté de cette harmonie et sa  précarité me fascinent.

J’aime les zones où la matière se transforme en une autre. Des transitions souples, fondues, aux frontières brutales.
La recherche de la justesse n’empêche pas de faire la part belle aux heureux hasards et surprises du feu. Surtout, ne pas tout maitriser.

Ne rien maitriser du tout, en fait.

Travailler le geste, prendre plaisir à l’exécuter efficacement, instinctivement; trouver de temps en temps la bonne fréquence. S’entendre avec les matériaux.
Chercher l’équilibre, toujours, dans le processus même de création. Penser, pas trop; agir, s’arrêter au bon moment.

Autant de bascules sur lesquelles je m’essaye, timide enhardie par la beauté du jeu.