Clément

            Je n’ai pas l’impression d’avoir choisi la photographie : elle s’est imposée à moi comme un moyen d’expression vital. Je n’ai fait que me rendre à sa nécessité. Enfant, j’étais déjà fasciné par les traces qu’elle laissait d’un passé disparu. Mais c’est durant mon adolescence que j’ai réellement pris contact avec elle, reçu mon premier appareil photographique. Après le lycée, j’ai traversé cinq années de formation photographique dans deux écoles et très vite, la chambre photographique a saisi et monopolisé mon attention et le début de mon travail personnel.

         Avec la chambre, mon regard fortement temporalisé, ancré, détaché, contemplatif devenait la norme. Je n’avais plus à m’en expliquer puisque mon outil de travail l’imposait et le rendait acceptable. Aujourd’hui, si mes outils se sont diversifiés avec l’utilisation du sténopé (argentique et numérique) ou encore de boîtiers numériques conventionnels, la photographie est restée mon seul chemin de vie possible.